Donner un nom au lieu qu'on habite.
Le faire exister pour mieux le rencontrer.
Trouver le nom qui vient, sans chercher trop loin.
L'écrire sur un bout de papier ou de carton.
L'afficher sur sa porte ou sa boîte aux lettres, ou le garder pour soi.
5 pistes pour habiter autrement, de chez-soi à la ville.
Cinq verbes pour apprivoiser la ville, l'endroit où l'on vit, son chez-soi. Des ouvertures à saisir maintenant ou plus tard, seul·e, en famille ou avec ses voisin·e·s. À adapter, contredire, améliorer.
Donner un nom au lieu qu'on habite.
Le faire exister pour mieux le rencontrer.
Trouver le nom qui vient, sans chercher trop loin.
L'écrire sur un bout de papier ou de carton.
L'afficher sur sa porte ou sa boîte aux lettres, ou le garder pour soi.
Choisir, trouver ou construire un objet.
Le poser quelque part chez soi.
En faire le signe d'un ancrage nouveau.
Puis, peut-être, le montrer, l'assembler, ou le transmettre.
Planter quelque chose.
Faire pousser quelque part, chez soi ou ailleurs.
Contribuer pour créer une relation.
S'approprier un lieu en y mettant quelque chose de vivant.
Écrire ou dessiner quelque chose que l'on aime.
Une recette, un livre, une musique, un film, autre chose.
Le déposer dans une boîte aux lettres voisine.
Ouvrir une fenêtre sur soi, à distance.
Observer autrement autour de soi.
S'y exercer, régulièrement.
Prendre exemple de l'un des exercices ci-dessous, ou pas.
appuyer pour changer d'exercice
Ce que les gens nomment, ancrent, sèment, partagent, remarquent. Des fragments de société.
Pas besoin de récit abouti. Une piste, une phrase, et c'est déjà là.
1 · Quelle piste avez-vous testée ?
2 · Racontez
3 · Si vous voulez (facultatif)
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Votre contribution rejoindra la vie des pistes après relecture.
Ce site rassemble cinq pistes pour habiter un lieu autrement : nommer, ancrer, semer, partager, remarquer. Elles ont été pensées pour proposer une réponse ludique et poétique à une question : comment faire société dans une ville qui se densifie ?
Au-delà du site, ces cinq propositions se déploient sous la forme d'un kit d'objets, une petite boîte déposée dans les boîtes aux lettres des nouveaux quartiers, et d'une campagne d'affichage dans la ville. Quand on arrive quelque part, on est entouré de cartons. Ces pistes en forment un de plus, contenant des invitations. Le carton, c'est le symbole de ce moment où tout est encore ouvert, où tout n'a encore pris sa place.
Les villes grandissent. On densifie, on planifie, on optimise. À Genève, des quartiers entiers sortent de terre en quelques années. On a longtemps pensé la ville pour la fonction et la circulation, désormais, on essaie d'intégrer les habitant·e·s dans le processus.
Lorsque des milliers de personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent à partager un couloir, une cour, une rangée de boîtes aux lettres, elles ne partagent ni tissu social ni histoire commune. Ces espaces sont des non-lieux, des espaces définis par leur fonction avant de l'être par les relations qu'ils accueillent.
Ce projet s'est dessiné avec la population. Le quartier du Quai Vernets, premier quartier résidentiel du PAV, où les premier·ère·s habitant·e·s sont arrivé·e·s en mars 2026, a été choisi pour cet exercice de co-conception.
À travers des ateliers, des entretiens, l'immersion dans un emménagement ; les témoignages et réactions ont permis de donner naissance à un carton de plus.
Derrière tout ça, se cache une question politique, au sens premier, celui de la polis, la cité : comment fabriquer le commun ensemble ?
Prêter attention à soi, à son lieu de vie, aux autres, au vivant qui nous entoure, ce n'est pas un supplément d'âme. C'est une manière de construire de la tolérance, de l'empathie, du respect. C'est aussi cela, faire société : remarquer celles et ceux qui nous entourent, et leur donner de la valeur.
Le projet est fait pour changer de mains. Tout est ouvert, libre de droits, reproductible. On peut télécharger les pistes, fabriquer son propre kit, contribuer avec ce qu'on a nommé, ancré, semé, partagé, remarqué. Le Quai Vernets est un exemple, pas une fin en soi : la même situation se rejoue partout où l'on dépose des centaines d'inconnu·e·s, presque en même temps, dans une ville en mutation. Ce qui compte, ce n'est pas l'objet, c'est les gestes qui se rejouent.
Un carton de plus est un projet de design en interaction co-construit avec des habitant·es et porté par Mathilde Schibler. Travail de Master en Media Design (HEAD–Genève), encadré par Félicien Goguey. Soutenu par la Gérance Centrale Quai Vernets et APRÈS-GE.
Typographies : Gelica (Dave Rowland) / Oracle (ABC Dinamo)
Images : Hervé Ossent, Emma Py
Illustrations : Véronique Déthiollaz
Une question, une envie de relayer le projet, une expérience à partager ?
hello@mathildeschibler.xyz
Merci à toutes les personnes qui ont rendu ce projet possible, et à toutes celles et ceux qui le feront vivre au-delà.